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Call-TV : télé-tirelire ou télé-arnaque ? - le 4 avril 2010
À des heures de faible audience, certaines chaînes de télévision privées proposent à leurs téléspectateurs de participer à de petits jeux pouvant permettre de gagner de belles sommes d’argent. À cette occasion, des questions sont soumises à la perspicacité du public. De prime abord, celles-ci sont anodines, banales et évidentes, et les gains à remporter peuvent paraître alléchants. On regroupe ces émissions sous le terme de « Call-TV ». Mais selon mes informations et mes constatations, il apparaît que ces jeux sont... critiquables.
Tout d’abord, ils sont présentés comme des jeux de culture générale, de réflexion ou de logique. En réalité, ils s’apparentent à de réels jeux de hasard, tant les réponses attendues par l’organisateur sont imprévisibles, absurdes et parfois stupides. En raison de ce caractère fortement aléatoire, ces jeux s’apparentent en tous points à des jeux de hasard, alors qu’ils ne sont pas du tout présentés comme tels.
De plus, ces jeux sont facturés au prix fort, par l’envoi de SMS, MMS ou par le biais de communications surfacturées. Comme tout candidat appelant par téléphone ne peut être entendu sur le plateau de télévision pour donner une réponse, certains appels sont tirés au sort, de sorte que tous ne donnent pas lieu à une réponse exprimée à l’antenne. Le danger existe que la communication soit prolongée pendant plusieurs minutes avant de pouvoir participer, ou avant de voir la communication interrompue sans justification.
Enfin, ces émissions sont toujours présentées comme des jeux lors desquels il est facile d’emporter de plantureux gains, en répondant à des questions simplistes sans indication de la réalité qu’ils recouvrent. L’information est réduite à sa portion congrue et le comportement du présentateur consiste à inciter les spectateurs à appeler la chaîne de télévision sans avertissement quant à la nature du jeu – et du réel coût qu’il peut engendrer. Pour des concitoyens faisant partie de catégories sociales en détresse, peu formées ou défavorisées, il est fréquent de se laisser berner. Ceci peut provoquer un sentiment d’injustice dans leur chef, ainsi qu’une perte financière potentiellement considérable, si ce n’est une aggravation du surendettement qui les accablerait.
Le Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs (CRIOC) a récemment dénoncé cette pratique dans un rapport sévère. Il n’hésite pas à parler d’arnaque…
En conséquence, j'interpellerai le secrétaire d’Etat Carl DEVLIES, sur ces jeux de hasard télévisuels :
- En matière de « Call-TV », comment s’applique concrètement la loi du 7 mai 1999 sur les jeux de hasard, les établissements de jeux de hasard et la protection du joueur, sachant que selon son article 3.4 : « Le Roi fixe les conditions auxquelles doivent satisfaire les jeux proposés dans le cadre de programmes télévisés au moyen de séries de numéros du plan belge de numérotation pour lesquels il est autorisé de facturer à l'appelant, en plus du prix de la communication, également le prix du contenu, étant entendu que ce prix est limité aux séries pour lesquelles le tarif de l'utilisateur final ne dépend pas de la durée de l'appel, et qui forment un programme complet de jeu. » ?
- Vu ce qui précède, les jeux de « Call-TV » ne devraient-ils pas être intégralement soumis à la loi du 7 mai 1999 précitée, au même titre que n’importe quel jeu de hasard ? Pourquoi cette habilitation royale ? Qu’est-ce qui justifie cette différence de traitement entre jeux ?
- Un arrêté royal du 12 mai 1999 a été pris en vertu de l’article 3.4 de la loi du 7 mai 1999. Il fixe, selon son intitulé, « les conditions auxquelles doivent satisfaire certains jeux proposés dans le cadre de programmes télévisés au moyen de séries de numéros du plan belge de numérotation et qui forment un programme complet de jeu ». Selon vous, cette règlementation est-elle adaptée aux problèmes rencontrés ?
- Je peux lire dans l’article 11 de cet arrêté royal que les organisateurs de « Call-TV » transmettent à la commission des jeux de hasard les plaintes que les particuliers leur envoient. Pouvez-vous nous donner le nombre de plaintes reçues ? Ce système fonctionne-t-il bien ? Les organisateurs jouent-ils le jeu ? Ce système a-t-il permis de révéler des dysfonctionnements en la matière ? Si oui, comptez-vous intervenir ?
- À votre estime, la législation concernant la « Call-TV » est-elle adaptée à la réalité du terrain ? Ne devrait-elle pas être adaptée ?
- Existe-t-il d’autres arrêtés royaux s’appliquant en la matière ? Votre règlementation ne devrait-elle pas être adaptée ? Convient-elle, en l’état actuel des choses ?
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