Formation en alternance : résolution pour une filière d’excellence

16 juil

Ce jeudi, j’ai déposé avec Benoit Drèze une résolution sur la formation en alternance au Parlement wallon. Ce texte fait suite aux missions parlementaires à Eupen le 5 mai 2015 et en Suisse les 15-16 juin 2015. Elle s’inscrit dans le cadre fixé par les accords de Gouvernement régional (formation) et communautaire (enseignement).

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

Taux chômage jeunes Jeunes en alternance Entreprises partenaires
Région wallonne 32,8% 5,7% 10%
Comm. germanophone 10,7% 12% 20%
Suisse 2,9% 64% 40%

Ajoutons que 86% des jeunes qui terminent une formation en alternance en Wallonie, via l’IFAPME (ou les CEFA) décrochent un emploi dans les six mois qui suivent ou créent leur propre entreprise (94,5% en Communauté germanophone).

En Wallonie, la formation en alternance souffre d’une image peu valorisante tant auprès des jeunes que de leurs parents. Contrairement à des pays comme l’Allemagne, l’Autriche, la Suède ou la Suisse – où l’alternance est la voie royale d’apprentissage des métiers techniques -, chez nous, l’alternance est trop souvent ressentie comme une solution de dernier recours.

Pour la rentrée 2015, deux nouveaux outils sont prévus :

  • un contrat unique d’alternance, commun à l’IFAPME (formation) et aux CEFA (enseignement) ;
  • l’OFFA (Office Francophone de la Formation en Alternance).

Partageant l’ambition de faire de l’alternance une filière d’excellence, Benoit Drèze et moi-même proposons notamment :

  1. D’appeler les partenaires sociaux, au niveau interprofessionnel et par secteurs d’activité, à s’impliquer résolument dans la formation en alternance, avec pour objectif de doubler à terme les places de stage ;
  1. Pour inciter les entreprises à aller de l’avant, de conditionner certaines aides publiques et certains marchés publics à l’ouverture quantifiée et mesurable de places de stage;
  1. En collaboration avec l’OFFA et les secteurs professionnels :
  • d’optimiser l’accueil, l’apprentissage et l’encadrement des apprenants en entreprise ;
  • de structurer un « marché des places de stage » sur une plateforme interactive unique, accessible via Internet ;
  • de tenir un « baromètre des places de stages » afin, notamment, de mieux rencontrer la problématique des métiers en pénurie, des métiers en demande et des métiers d’avenir ;
  1. De mener des campagnes de promotion et de revalorisation de la formation en alternance, notamment par des capsules vidéos, par les télévisions locales, via les Cités des métiers, etc. ;
  1. De prévoir des guichets uniques locaux d’orientation et d’accompagnement des personnes qui souhaitent se former ou compléter leur formation par le biais de l’alternance ;
  1. En collaboration plus étroite avec la Fédération Wallonie-Bruxelles :
  • de promouvoir la formation en alternance aux différents moments d’orientation des élèvesau cours et à l’issue de leur enseignement secondaire ;
  • d’étudier les modalités d’accès des apprenants aux certifications délivrées par la Fédération Wallonie-Bruxelles ;
  • de veiller à la présence de passerellesvers toutes les formes d’enseignement supérieur ;
  • d’accroître les possibilités de filières d’enseignement supérieur en alternance.

On le voit, la coordination entre la Région et la Fédération Wallonie-Bruxelles est indispensable, le dialogue avec les partenaires et entreprises également. C’est collectivement, avec le monde scolaire, les entreprises mais aussi les parents qu’on pourra donner à cette filière un nouvel élan.

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